Jacob signe in extremis avec trois syndicats de fonctionnaires
Par Webloguer, vendredi 27 janvier 2006 à 15:26 :: Fonction publique et fonctionnaires :: #15 :: rss
La CFDT, l'Unsa et la CFTC ont paraphé hier soir un accord sur les questions sociales et statutaires, mais appellent toujours à la grève sur les salaires.
www.lefigaro.fr Olivier Auguste 26 janvier 2006
CHRISTIAN JACOB a, en partie, gagné son pari. Après d'ultimes tractations, les négociations avec la CFDT, l'Unsa et la CFTC ont abouti : les trois syndicats ont, hier soir, signé le volet social et le volet statutaire de l'accord que leur proposait le ministre de la Fonction publique. Ils jugent néanmoins toujours «insuffisant» le volet salarial et maintiennent donc leur appel à la grève le 2 février, aux côtés de la CGT, de la FSU, de FO et de la CGC, qui avaient rompu les discussions la semaine dernière.
Face à la déception des syndicats qui ont joué le jeu de la négociation, le ministre de la Fonction publique n'a pas voulu baisser les bras. «Ma porte reste ouverte», expliquait-il dans nos colonnes dès samedi. Mais les discussions ne pouvaient pas s'éterniser, surtout à l'approche du 2 février. Le ministre a donc joué à quitte ou double. Il a accordé mardi soir deux dernières concessions aux syndicats, et exigé d'eux une réponse sous vingt-quatre heures.
Faute de signature des volets social et statutaire, l'ensemble des mesures proposées aurait été abandonné (aide à la garde d'enfants, au déménagement, au paiement de caution d'appartement, doublement des promotions de la catégorie C à la catégorie B, reconnaissance des acquis de l'expérience, prime pour les cadres ayant atteint le sommet de la catégorie A depuis plus de cinq ans...). Abandonnée également, la hausse générale des salaires de 0,5% en février 2007 et les deux mesures proposées in extremis : une prime pour les fonctionnaires ayant atteint le sommet de la catégorie B depuis cinq ans, et l'attribution d'un point d'indice supplémentaire à tous les agents à partir de novembre prochain.
Cette mesure, inspirée par la CFDT, représente une hausse forfaitaire de 4,5 euros par mois environ, soit en moyenne 0,2% de hausse du pouvoir d'achat en année pleine (de 0,1% pour un agent de catégorie A à 0,4% en catégorie C). Ne serait donc restée que la hausse de 0,5% des salaires déjà prévue pour juillet prochain.
«Il y avait beaucoup à perdre»
Les discussions ont été vives au sein de chaque syndicat, en particulier l'Unsa, qui était ressortie la plus fâchée de la nuit de négociation de jeudi à vendredi derniers. Après une journée d'incertitude, son feu vert a fait pencher la balance – aucun des trois syndicats n'osait signer isolé. «Il commençait à y avoir beaucoup à perdre pour les agents si nous avions dit non», justifie un responsable de l'Unsa.
Christian Jacob, qui regrettait régulièrement que le dialogue entre l'Etat et ses agents soit un dialogue de sourds, sera donc le premier ministre de la Fonction publique depuis 1998 à signer un accord avec des syndicats. Ses seuls regrets seront de n'avoir pas rallié la CGC au camp des «réformistes», et surtout de n'avoir pas trouvé une entente sur les salaires, de loin le volet le plus fort symboliquement et politiquement. Le Parti socialiste a d'ailleurs appelé à son tour hier à «participer à la journée d'action» du 2 février. Mais le ministre s'était fait une raison depuis plusieurs jours.