Hausse des salaires des fonctionnaires sous condition en 2007
Par Webloguer, vendredi 20 janvier 2006 à 09:49 :: Fonction publique et fonctionnaires :: #13 :: rss
PARIS (Reuters) - Le ministre de la Fonction publique, Christian Jacob, propose de revaloriser les salaires des fonctionnaires de 0,5% au 1er février 2007 à condition que leurs syndicats acceptent de mettre en oeuvre un ensemble de mesures "sociales et statutaires".

La revalorisation indiciaire de 0,5% au 1er juillet 2006, déjà annoncée le 12 janvier, sera appliquée de toute façon, a précisé Christian Jacob dans la nuit, après une dizaine d'heures de négociation avec trois fédérations syndicales (CFDT, Unsa et CFTC).
Source www.reuters.fr (article + illustration)
Les quatre autres fédérations de fonctionnaires (CGT, FSU, FO et CGC) ont quitté la réunion au bout d'une heure environ jeudi après-midi.
La hausse de 0,5% au 1er juillet du point d'indice, qui sert de base au calcul du traitement des 5,2 millions de fonctionnaires, coûtera environ 200 millions d'euros au budget de l'Etat en 2006.
"L'accueil est plutôt positif sur les deux volets social et statutaire", a déclaré Christian Jacob à quelques journalistes. "Bien évidemment, ils ne s'appliqueront que s'ils sont signés.
"Et si on est dans l'hypothèse d'une signature, on propose de refaire en février 2007 un effort de 0,5% sur le point d'indice", a-t-il ajouté.
INTRANSIGEANCE SALARIALE
"On ne va pas ouvrir une négociation salariale en pleine période électorale", a fait valoir le ministre en évoquant l'échéance présidentielle de 2007.
"Mais dans un contexte budgétaire très compliqué, à partir du moment où on s'inscrit dans une dynamique d'accord sur des efforts, il faut aussi que le travail soit reconnu."
Toutes les fédérations avaient réclamé une augmentation des traitements d'au moins 1,8% en 2006, pour compenser l'inflation.
Le ministre est parvenu à imposer son ordre du jour et à briser le front syndical, du moins pour la journée. Les trois syndicats restés à la table des négociations ont réservé leur réponse, le temps de consulter leurs instances.
En fait, elles ont laissé entendre que l'intransigeance salariale du gouvernement rendait problématique leur signature sur les deux autres volets.
"Il y a des choses intéressantes mais le volet salarial est quand même très très faible et pas satisfaisant, et cela ne nous aide pas" (à rendre un avis positif), a dit à Reuters Marie-Claude Kervella, secrétaire générale de la fédération CFDT.
"Il est clair que le ministre n'avait aucune marge de négociation sur le point d'indice", a-t-elle remarqué.
L'Unsa a de même laissé entendre que l'issue de la négociation la laissait sur sa faim.
La CFDT, l'Unsa et la CFTC doivent aussi se prononcer sur leur participation ou non à une journée de grèves et de manifestations des fonctionnaires prévue le 2 février.
LES SYNDICATS RESERVENT LEUR REPONSE
"Il faut mesurer les avancées. Si on sent qu'on n'a pas beaucoup de possibilités de mobilisation et que, de toute façon, le gouvernement est au taquet, ça ne vaut pas le coup de faire perdre une journée de grève aux agents", a résumé un dirigeant syndical.
La CGT, la FSU et FO, qui représentent 51% des fonctionnaires, ont confirmé jeudi leur détermination à organiser l'action du 2 février, qui s'inscrit désormais dans le cadre plus large d'une semaine de mobilisation intersyndicale et étudiante contre le nouveau "contrat première embauche".
Quant à la CGC, elle a pour sa part réaffirmé que "ce n'est pas le bon moment" mais qu'elle interpellerait les parlementaires et appellerait les fonctionnaires au service minimum le 2 février.
Les mesures statutaires et sociales, présentées la semaine dernière et amendées lors de la négociation, représenteraient 500 millions d'euros en 2006. Ce qui, selon le ministère, équivaudrait à une hausse de 0,6% du point d'indice.
Parmi ces dispositions, il est proposé des aides au logement et à la garde d'enfants, une restructuration des carrières et une amélioration des débouchés de la catégorie de fonctionnaires la plus basse (catégorie C).
Il est aussi prévu une bonification de 700 euros annuels reconductibles pendant trois ans pour les fonctionnaires de la catégorie la plus haute (catégorie A) dont les rémunérations plafonnent depuis cinq ans.