Les syndicats de fonctionnaires font pression sur le ministre
Par Webloguer, jeudi 19 janvier 2006 à 09:56 :: Fonction publique et fonctionnaires :: #12 :: rss
La troisième réunion de négociation sur la Fonction publique se tient ce jeudi. Seuls les volets statutaire et social doivent y être abordés. Les salaires en sont écartés. Cinq des syndicats de fonctionnaires appellent à une journée de grève et manifestations le 2 février. Histoire de faire monter la pression.

La troisième session de négociations des fonctionnaires avec le ministre se tiendra sous pression, ce jeudi. Les fédérations FSU, CGT, FO, Unsa et CFDT appellent à la grève le 2 février prochain. "Si le ministre veut éviter le conflit, il peut encore faire des propositions salariales, notamment le 19 janvier", ont-ils annoncé dans un communiqué. La question salariale n'est pas à l'ordre du jour, jeudi. Seuls les volets statutaire et social doivent y être abordés. En théorie.
Les fédérations de salariés avaient claqué la porte des précédentes réunions, les 6 décembre et 12 janvier, jugeant insuffisantes les propositions salariales du ministre. Le 12 janvier, Jacob avait mis sur la table une revalorisation de 0,5% au 1er juillet 2006 du point d'indice pour les 5,2 millions de fonctionnaires. Le salaire d'un fonctionnaire se calcule en multipliant la valeur de ce point (une même valeur en euros pour tous les fonctionnaires) par l'indice (un nombre de points fixé selon son grade et son échelon). Il avait assorti cette proposition de mesures sociales et statutaires, à effet immédiat en cas d'accord, d'un montant de 500 millions d'euros pour l'année : elles équivalent, selon lui, à une hausse de 0,6% du point d'indice.
Pouvoir d'achat
Les syndicats exigent "une augmentation de la valeur du point d'indice pour un réel maintien du pouvoir d'achat pour tous", tenant compte de l'inflation prévue à 1,8% dans le budget 2006. Ils attendent également du ministre qu'il engage une "refonte de la grille indiciaire". Ils réclament en outre, depuis l'ouverture des négociations, un rattrapage de la perte de pouvoir d'achat des fonctionnaires entre 2000 et 2004, qu'ils chiffrent à 5%. Le ministre s'est dit prêt "éventuellement" à "aller plus loin" au sujet des salaires si les syndicats acceptaient de négocier la "globalité" du pouvoir d'achat. "L'objectif de la négociation, c'est de maintenir le pouvoir d'achat, et le pouvoir d'achat, c'est trois volets: social, statutaire et salarial", selon lui.
Mais les syndicats, dans leur communiqué, "récusent cette globalisation" et réaffirment leur "volonté de négocier séparément les trois volets", en privilégiant le point d'indice. Lors de la dernière séance de négociation, la CFDT a proposé à M. Jacob de traiter la question salariale en complétant l'augmentation de la valeur du point d'indice par l'attribution de points supplémentaires à chaque fonctionnaire. Elle attend une réponse dès jeudi. CFTC et CFE-CGC n'ont pas signé l'appel commun. La CFTC se joindrait toutefois "à la journée d'actions du jeudi 2 février (...) en l'absence de réponse" du ministre sur la question salariale. Quant à la CFE-CGC, elle exclut d'y participer mais envisage des actions comme la grève du zèle, si le ministre n'avance pas.